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Echos du 1er rassemblement des médecins à Paray le Monial

Esprit SaintPentecôte chez les médecins !

Du 23 au 25 mai 2008 s’est tenu à Paray le Monial le 1er rassemblement des médecins, chirurgiens et étudiants en médecine. Près de 140 médecins s’y trouvaient dont beaucoup d’étudiants en médecine. Il y avait une quinzaine d’européens non français (belges, hollandais, autrichiens, suisses et un italien).


Le thème du week-end : « Médecine et sainteté : est-ce possible ? » était audacieux… Il n’a pas fait peur. Au contraire…

Le but principal était de rassembler les médecins catholiques désireux de s’engager à la suite du Christ à travers l’exercice de leur profession. En effet, face aux graves cas de conscience éthiques auxquels ils peuvent être confrontés dans l’exercice de leur art, beaucoup de médecins se demandent s’il est possible d’être médecin et catholique de nos jours…


C’est à la réponse à cette question que se sont attelés les différents intervenants.


Tout d’abord, le père Edouard Marot, recteur des sanctuaires de Paray le Monial a ouvert le feu par une intervention intitulée : « A la rencontre du Christ Médecin ». Fondant sa réflexion sur le livre « Le Christ Médecin » du père Philippe Gauer, et sur le message des apparitions du Christ à Sainte Marguerite-Marie, il a montré aux médecins qu’ils étaient eux aussi d’abord et avant tout l’objet de soins attentifs de la part du Christ Jésus, Sauveur du monde : « O Christ céleste médecin, élevé en croix pour guérir nos plaies par les vôtres ». Jésus nous a aimé avec un cÅ“ur d’homme, c'est-à-dire avec tout son être incarné. Jésus est le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, il est aussi le Serviteur Souffrant qui porte le péché des hommes. Le médecin, appelé à devenir un bon samaritain et à reconnaître la présence du Christ en tout homme, ne peut vivre pleinement cet appel que s’il enracine sa vie dans le Christ et se consacre à Lui. « Car hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5) dit Jésus.


Après un temps d’échange par petits groupes régionaux et la célébration de l’Eucharistie, la journée du vendredi s’est achevée par une belle veillée de prière et de témoignages. Le docteur Nadine Caillat, a d’abord évoqué dans un diaporama la vie de plusieurs célèbres médecins canonisés : Saint Luc, Saint Côme et Saint Damien, Saint Cyr, Saint Antoine Marie Zacharias, Bineheureux Nicolas Sténon (anatomiste danois renommé), Saint Richard Pampuri (frère de saint Jean de Dieu) et surtout Saint Joseph Moscati (chef de service, chercheur et professeur d’université à Naples au XXe siècle). C’est ensuite le docteur Pascale Poussié, gynécologue, qui a présenté la vie de Sainte Jeanne Beretta Molla, pédiatre à Milan, qui donna sa vie pour la vie de l’enfant qu’elle attendait. La soirée s’est poursuivie par différents témoignages de conjoints et de conversions de médecins. Belle soirée où l’Esprit Saint toucha bien des cÅ“urs…


Samedi matin, le professeur Gian-Luigi Gigli, neurologue, ancien président de la Fédération Internationale des Associations de Médecins Catholiques (FIAMC) nous a fait l’amitié de venir et de nous parler du sujet suivant : « Quelle sainteté pour les médecins catholiques aujourd’hui ? ». S’appuyant principalement sur la lettre apostolique Novo Millenio Ineunte publié par Jean-Paul II en 2001, il montra comment les médecins peuvent aujourd’hui, à travers l’exercice de leur profession, être des évangélisateurs à la suite des nombreux médecins qui ont déjà été canonisés ou dont le procès de canonisation est en cours (ex : le Docteur Nagaï ou encore le Professeur Jérôme Lejeune). Invités à enraciner leur vie dans la prière, la méditation de la parole de Dieu, l’Eucharistie et le sacrement de réconciliation, les médecins sont appelés à être porteur de l’amour de Dieu dans la communion ecclésiale et auprès des malades à l’image du bon samaritain. Leur science biomédicale est au service de la charité. Parce que le monde médical n’a plus ses repères d’autrefois dans le respect de la vie humaine, il y a pour le médecin catholique d’aujourd’hui un défi particulièrement important à demeurer engagé dans la défense de la vie humaine. C’est un chemin de sainteté exigeant, mais qu’il est possible de suivre si l’on agit en conscience et si l’on demeure unis au Christ Jésus.


Après un temps d’adoration, la matinée s’est poursuivie par la célébration de l’Eucharistie dans la Basilique de Paray le Monial.


Puis à 14 heures, les étudiants en médecine se sont retrouvés pour exprimer leurs attentes. Leur grande question est de savoir s’il est possible d’être aujourd’hui à la fois médecin et catholique. Aussi, ils interpellent les médecins confirmés : « Est-ce que vous, vous y arrivez ? ».


Après un nouveau temps d’échanges par petits groupes régionaux, le Docteur Xavier Mirabel, cancérologue, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie, donna la 3e intervention plénière : « Le médecin serviteur de la vie ». « Je l’ai fait pour la vie » : appuyé sur cette parole, il souligne l’importance pour les médecins d’être en pleine cohérence avec eux-mêmes pour pouvoir être levain dans la pâte, les mettant en garde contre les rites initiatiques du genre « Tu ne seras un bon médecin que si tu as fait une IVG… ». La rencontre de l’autre suppose une écoute qui sera d’autant plus féconde qu’elle s’enracine dans la prière. La rencontre de l’autre change le cÅ“ur du médecin en profondeur. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » est une clé fondamentale dans la relation à autrui. En tant que soignants, nous sommes appelés à rejoindre les autres au cÅ“ur de leur blessure. C’est là qu’ils nous attendent : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! » dit la samaritaine… C’est avec délicatesse que Jésus s’approche de nos blessures et nous demande : « Veux-tu guérir ? » Il n’y a pas de vraie guérison si l’on ne veut pas guérir… L’identité du médecin catholique est d’être la transparence du Christ qui guérit. « Notre cÅ“ur n’était-il pas tout brûlant ? » Cette expérience des disciples d’Emmaüs est souvent faite par le médecin quand il se remémore telle ou telle rencontre avec un malade. Dans la relation de soin, même si la relation est asymétrique, il y a un minimum de réciprocité. « Je vous ai choisis » nous redit le Christ qui nous envoie au service des malades à travers notre profession de médecin.


L’après midi se prolongea par une table ronde composée du Professeur Michel Voisin, pédiatre et Vice-Doyen de la faculté de Montpellier, des Docteurs Nadine Caillat, Serge Longour, Xavier Mirabel, ainsi que de Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban. L’échange portant sur les défis qui se posent au médecin chrétien aujourd’hui fut très riche et apprécié.


Après un temps de sport, de prière ou de confession, puis le dîner, ce fut l’heure de la veillée. Il y eu un bon moment de prière puis plusieurs témoignages se succédèrent.
Il fut alors présenté le nouveau projet d’Amour et Vérité pour tous les médecins et étudiants en médecine.

Des fraternités de médecins, composées d’une dizaine de personnes, vont être constituées. Elles sont ouvertes aux médecins et étudiants en médecine qui le désirent. Ces fraternités médicales se retrouveront tous les deux mois pour un temps de prière et de partage sur ce qui est pour eux Parole de Dieu dans leur exercice professionnel.

Les fraternités de médecins chemineront à la lumière d’une charte écrite à leur intention : la charte du Christ Médecin. Elle a pour but de les rassembler dans un même esprit au service du Christ, de l’Eglise et des malades dans le respect de leur vie.


La soirée se clôtura par une présentation des sanctuaires de Paray le Monial par le Père Edouard Marot.


Dimanche matin, Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban, théologien moraliste, ancien aumônier d’hôpital et vicaire épiscopal de la pastorale de santé du diocèse d’Avignon, poursuivit la réflexion sur le thème : « La mission des médecins catholiques dans le monde d’aujourd’hui ». S’appuyant sur la charte des personnels de santé du Conseil Pontifical pour les services de santé, ainsi que sur la lettre de Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine, il souligne que le médecin est un médiateur entre le savoir médical et la personne humaine. Ceci s’inscrit dans une dynamique d’incarnation. Le médecin qui a le souci d’humaniser sa pratique répond à la double exigence de la compétence et de la compassion. Le soignant chrétien fera ce que l’Eglise a toujours fait dans les « hôtels-Dieu » qu’elle créait : respecter toute vie humaine de sa conception à sa mort naturelle. La résurrection du Christ nous invite à honorer le corps comme l’âme. Dans le domaine du respect de la vie, l’exercice de la profession médicale devient un témoignage (témoin = martyr). Par ailleurs, le médecin chrétien ne peut pas laisser la personne sans espérance, précisément quand il n’y a plus d’espoir : l’encyclique « Spe salvi » du pape Benoît XVI y invite fortement. Telle sont quelques unes de ses nombreuses et nourrissantes pistes de réflexion…


Ce beau week-end fut un temps de grâce, de paix et de joie partagées. Le souffle de l’Esprit Saint y était bien présent et nombreux sont les témoignages de médecins qui ont été réconfortés et encouragés par ce temps passé ensemble dans la grâce de la Pentecôte…


Le 2e rassemblement international annuel des médecins et des étudiants est prévu du 27 au 29 mars 2009 à Paray le Monial. D’ici-là ils sont attendus au colloque de bioéthique du 8 au 11 novembre 2008.


La sous-commission médicale de Bioéthique et Vie humaine


 


 
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