L'amour nous comble
Catherine : Lors de notre première rencontre à l'occasion d'un repas familial, nous étions à mille lieux de penser au mariage. Plusieurs années après, nous nous sommes revus. Pas de coup de foudre, pas de révélation... Ce fut comme ces brumes de printemps qui se dissipent progressivement en dévoilant le paysage. Simplement une joie grandissante quand nous étions ensemble.
Michel-Bernard : Lorsque le projet du mariage se fit, une seule question me vint à l'esprit: suis-je vraiment celui qui pourra, par le don de soi, la rendre heureuse, lui donner la joie tout au long de sa vie ? J'ai réalisé après, au fur et à mesure, que ce que nous vivions dépassait de loin ce que je m'étais imaginé du mariage sur le long terme: la routine qui me semblait inévitable, les "scènes de ménages" incontournables, voire nécessaires aux yeux de certains... rien de tout cela n'était au rendez-vous ! Les difficultés vécues en couple, les pardons donnés, tout cela faisait grandir notre amour, appuyé sur Dieu dans la grâce du sacrement de mariage.
Catherine : Dans le mariage. Dieu nous soutient. Il nous inspire, nous console et surtout. Il nous donne son amour. S'il aime chacun d'entre nous personnellement, Il aime aussi de façon toute particulière chaque couple. Le nôtre était appelé à se mettre au service des autres par l'Église et un événement nous marqua profondément à ce sujet. À l'âge d'un an, le comportement de notre quatrième commença à régresser. Un scanner décela une anomalie au cerveau. Seule l'opération dirait si cela était bénin ou non. Après l'opération, il y eut un progrès immédiat puis une brutale rechute quelques semaines après.
Michel-Bernard : Catherine m'appela au travail, car il fallait le ramener à l'hôpital immédiatement. J'arrivais à la maison dans un abîme d'angoisse. Nous avons prié en couple ce jour-là comme nous ne l'avions probablement jamais fait depuis notre mariage. Nous nous sommes confiés à Dieu en lui demandant deux choses : « Si notre petit ne guérit pas, donne-nous la force, l'amour, et le temps nécessaire pour nous occuper de lui et pour l'accueillir comme si c'était toi. Et s'il guérit, nous te promettons de redonner cette force, ce temps et cet amour à ton service, dans ton Église. »
Nous arrivâmes à l'hôpital, il repassa un scanner, la chirurgien-né l'ausculta et nous demanda : « Avez-vous pris sa température ? » Nous ne l'avions pas fait... Le thermomètre indiqua 38°5. Elle nous déclara alors : « Tout est parfaitement normal, les symptômes ne sont dûs qu'à la température, ils cesseront après un petit cachet ! »
Catherine : Notre joie fut immense ! L'avenir nous confirma que Dieu n'oublie pas les prières ! Quelques jours plus tard, on nous demanda la responsabilité d'un service d'Église.
Michel-Bernard : Il est difficile de dire en quelques mots ce qui fait, concrètement, le bonheur du couple. Ce qui m'émerveille, c'est cette construction et cet enrichissement permanents de la relation.
Au début, lorsque je regardais Catherine, je voyais la fiancée avec laquelle tout était à découvrir. Lorsque je la regarde après 18 ans de mariage, je vois mon épouse, la mère de nos six enfants, et je m'émerveille de voir que tout ce que nous avons déjà vécu ensemble nous donne d'aller encore plus loin ! Je vois aussi combien l'amour que j'ai pour elle et qu'elle a pour moi m'a soutenu, m'a guéri, m'a comblé, m'a donné de vivre de nombreuses situations professionnelles, familiales ou personnelles, dans lesquelles je n'aurais jamais pu m'investir et m'épanouir de la même façon sans sa présence à mes côtés. J'en rends grâce tous les jours !
Catherine : Sans l'amour de Michel-Bernard pour moi, je ne serais jamais devenue ce que je suis : moi-même, épanouie, profondément heureuse.